Je me rends compte avec le temps que je fais souvent des choix différents de la majorité.
Pas par volonté de me distinguer.
Plutôt parce que certaines choses me dérangent, sans que je sache toujours l’expliquer sur le moment.
Avec le recul, ces choix finissent par dessiner quelque chose d’assez cohérent.
Des choix à contre-courant (en apparence)
J’ai toujours utilisé un Mac (depuis mon adolescence). Je n’ai jamais vraiment compris l’attrait du PC. Pas en termes de puissance ou de possibilités — mais en termes de sensation d’usage. J’y ressens vite quelque chose de plus dispersé, moins lisible.
Pour créer des sites web, j’utilise Joomla plutôt que WordPress.
Là aussi je ne suis pas la tendance, ce n’est pas une question de “meilleur” ou “moins bon”. Simplement, je retrouve dans Joomla une structure qui me parle davantage.
Pour la musique, j’ai quitté Spotify pour Apple Music.
Trop de suggestions, trop de sollicitations, trop de contenus différents. J’avais l’impression de ne plus vraiment choisir ce que j’écoutais.
Et pour le streaming vidéo, j’ai arrêté Netflix pour Apple TV+.
Même constat : beaucoup de contenu, mais une sensation de tourner en rond assez rapidement.
Ce que ces choix ont en commun
Pendant longtemps, je voyais ça comme une suite de préférences disparates, mais en y regardant de plus près, il y a un fil conducteur :
Je suis sensible à la clarté.
Pas seulement visuelle.
Mais aussi mentale.
J’ai du mal avec les environnements qui accumulent :
- trop d’options
- trop de sollicitations
- trop de contenu
Même si, objectivement, ils offrent “plus”.
Une intuition ancienne
En y repensant, ce n’est pas nouveau.
Adolescent déjà, je raisonnais comme ça.
Je me souviens que ma mère me demandait parfois conseil pour acheter un appareil (un magnétoscope par exemple).
Et je lui répondais souvent : “Prends celui qui a le moins de boutons. Il sera plus simple à utiliser… et il tombera sûrement moins vite en panne.”
À l’époque, je ne mettais pas de mots dessus.
Mais il y avait déjà cette idée, assez intuitive : moins de complexité, c’est souvent plus de fiabilité.
Trop de choix, ce n’est pas toujours plus de liberté
On associe souvent la richesse à la liberté
- Plus de fonctionnalités
- Plus de contenu
- Plus de possibilités
Mais dans la pratique, je ressens souvent l’inverse.
Quand tout est possible, tout devient flou.
Quand tout est accessible, plus rien n’est vraiment choisi.
Je me retrouve à chercher sans trouver.
À naviguer sans décider.
Des outils qui laissent de la place
Avec le temps, j’ai compris que je préfère des outils qui savent rester en retrait.
Des outils qui :
- ne cherchent pas à capter mon attention en permanence
- ne me poussent pas constamment vers autre chose
- ne donnent pas l’impression de devoir être explorés sans fin
Des outils qui font leur travail… et qui s’effacent.
Une question de structure
Ce qui m’attire, ce n’est pas la simplicité au sens “minimaliste”.
- C’est la structure
- Un cadre clair
- Une organisation qui tient
- Des choix qui semblent assumés
C’est valable dans les outils que j’utilise.
Mais aussi dans la manière dont je travaille.
Moins, mais mieux choisi
J’ai arrêté de chercher “le meilleur outil” à tout prix.
Je cherche plutôt :
- celui qui me permet de rester concentré
- celui qui ne m’épuise pas
- celui qui ne me donne pas l’impression de subir son fonctionnement
Quitte à ce qu’il soit moins populaire.
Quitte à ce qu’il offre moins de possibilités.
Une manière de travailler
Je me rends compte que cette façon de choisir dépasse largement les outils.
Elle se retrouve dans ma manière de concevoir les sites web.
Je préfère :
- un site clair plutôt qu’un site impressionnant
- une structure solide plutôt qu’une accumulation de fonctionnalités
- quelque chose de durable plutôt que quelque chose de “tendance”
En filigrane
Au fond, ce n’est pas une question de technologie.
C’est une question d’équilibre.
Trouver des environnements qui n’ajoutent pas de bruit.
Qui laissent de la place pour réfléchir.
Et qui permettent de faire des choix plus conscients.
Si vous vous reconnaissez dans cette approche,
alors on se comprendra probablement assez vite.