Et si notre regard sur nous-mêmes devenait obsolète ?

Il m’arrive, lorsque je termine un projet de site internet, de voir immédiatement tout ce qui pourrait encore être amélioré. Une formulation pourrait être plus claire, une image mieux choisie ou un détail de mise en page ajusté.


Pendant longtemps, j’ai pensé qu’il s’agissait simplement de perfectionnisme, d’une exigence assez naturelle dans un métier créatif. Mais je me demande aujourd’hui si cette manière de regarder mon travail ne vient pas aussi de quelque chose de plus ancien.


La manière dont nous nous jugeons


Nous passons beaucoup de temps à remettre notre travail en question. En revanche, nous interrogeons beaucoup plus rarement la façon dont nous l’évaluons.


Pourtant, ce regard ne s’est pas construit tout seul. Il s’est formé   progressivement, à travers les remarques entendues, les attentes auxquelles nous avons essayé de répondre et les comparaisons que nous avons intégrées.


Certaines idées ont pu nous être utiles à une époque. Elles nous ont peut-être aidés à faire des efforts, à éviter des erreurs ou à trouver notre place, mais cela ne signifie pas qu’elles soient encore adaptées à la personne que nous sommes aujourd’hui.


Une voix familière n’est pas toujours une voix juste


À force d’être répétés, certains jugements finissent par devenir une voix intérieure. Nous ne les percevons plus comme des idées apprises : ils nous semblent simplement faire partie de nous ou représenter la voix de la raison, celle qu'il faut suivre. 


Cette voix peut nous dire que notre travail n’est pas assez bon, que les autres sont plus compétents ou que nous devrions toujours en faire davantage. Parce qu’elle nous accompagne depuis longtemps, nous lui accordons une autorité que nous ne donnerions probablement pas aussi facilement à quelqu’un d’autre.


Ce qui est familier peut finir par ressembler à une vérité. Pourtant, l’ancienneté d’un jugement ne constitue pas une preuve de sa justesse.


Des systèmes qui appartiennent à une autre époque


J'y vois un lien un peu troublant avec mon métier, il m’arrive de reprendre des sites internet créés il y a des années. Certaines solutions techniques étaient parfaitement cohérentes au moment de leur conception, mais elles peuvent aujourd’hui ralentir le site, compliquer sa gestion ou limiter son évolution.


Cela ne signifie pas que les choix réalisés autrefois étaient mauvais. Ils répondaient simplement aux connaissances, aux outils et aux besoins d’une autre époque.


Je me demande si notre regard sur nous-mêmes ne fonctionne pas parfois de la même manière. Nous continuons à utiliser un système d’évaluation installé très tôt, sans vérifier s’il correspond encore à notre réalité présente.


Notre expérience évolue plus vite que notre regard


Avec les années, nous accumulons pourtant des expériences, développons des compétences et apprenons à mieux comprendre nos forces comme nos limites. Malgré cela, il arrive que notre regard intérieur reste bloqué à une version beaucoup plus ancienne de nous-mêmes.


Nous pouvons ainsi avoir acquis une véritable expérience professionnelle tout en continuant à nous sentir illégitimes (le fameux syndrome de l'imposteur ou l'effet Dunning-Kruger). Les faits racontent alors une histoire, tandis que notre voix intérieure en raconte une autre.


Je retrouve parfois ce décalage chez certaines personnes qui me parlent de leur projet de site. Avant même que j’aie donné mon avis, elles minimisent leur activité, doutent de l’intérêt de ce qu’elles proposent ou pensent ne pas avoir suffisamment de choses à présenter.


Faire évoluer sans tout effacer


Tout comme refondre un site internet ne consiste pas nécessairement à repartir de zéro. Il s’agit souvent de conserver ce qui fonctionne, de simplifier ce qui est devenu inutile et de remplacer ce qui empêche désormais le projet d’avancer.


Nous pourrions peut-être adopter une démarche similaire avec le regard que nous portons sur nous-mêmes. Il ne serait pas question de renier notre histoire ni de devenir une autre personne, mais de réexaminer certains jugements hérités du passé.


Cette voix intérieure a peut-être eu une fonction. Mais nous pouvons aujourd’hui nous demander si elle nous aide encore à progresser ou si elle nous maintient dans une image de nous-mêmes qui n’est plus à jour.


Mettre aussi notre regard à jour


Dans mon travail, je cherche à créer des sites capables d’évoluer avec l’activité qu’ils représentent. Un site qui ne tient pas compte des changements finit inévitablement par donner une image incomplète ou dépassée.


Il en va peut-être de même pour nous. À force de regarder uniquement ce qui manque ou ce qui pourrait être amélioré, nous risquons de ne plus voir le chemin parcouru.


Nous remettons régulièrement nos outils, nos projets et nos connaissances à jour. Peut-être devrions-nous parfois faire la même chose avec la manière dont nous nous jugeons. 


Car un regard qui n’a jamais été remis en question n’est pas nécessairement juste. Parfois, il est simplement ancien.


Si cette réflexion fait écho à votre propre manière d’envisager les projets, je vous invite à découvrir mon offre et ma façon de travailler, fondée sur l’écoute, la clarté et le respect de votre rythme.